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Haïti Sanctions Internationales: Évitons les règlements de comptes et guerre d’influences, pour qu’elles réussissent

Par Planet Press

Par Ambassadeur Stanley Lucas

Les sanctions internationales contre les oligarques d’Haiti, maîtres des gangs, du trafic des armes et de la violence et contre leurs valets politiques sont tellement importantes qu’il faut se battre pour qu’elles soient justes et impartiales. Sinon, cela risque de générer une crise plus profonde et beaucoup plus de violences en Haïti.

On sait que ceux à sanctionner sont au moins dans seize catégories. On doit tout éviter pour que ces sanctions ne soient pas racistes, pas de règlements de comptes, pas influencées par des accointances de certains diplomates ni de politiciens étrangers affectés en Haïti. Ces sanctions ne doivent pas être, non plus, instrumentalisées comme objet de pression, de chantage pour obtenir la docilité des hommes et femmes politiques d’Haïti en vue de piller le pays à partir des contrats miniers corrompus et autres désidératas personnels de certains acteurs internationaux. Ce serait une menace permanente pour la souveraineté d’Haiti.

Les noirs d’Afrique se souviennent de l’emprisonnement du Président Laurent Gbagbo durant quatre ans par la communauté internationale pour être ensuite acquitté par la Cour Pénale Internationale de la Haie. L’opinion publique haïtienne est témoin des relations privilégiées et personnelles entre les oligarques de Petion-Ville et les diplomates étrangers postés à Port-au-Prince et des dérapages nocifs pour Haïti qui naissent de cette relation.

Pour être crédible, l’application des sanctions internationales contre des étrangers et des haïtiens impliqués dans la violence des gangs, le trafic illicite des armes à feu, les violations de droits humains, l’assassinat du Président Jovenel Moïse — que certains blancs voudraient oublier, doivent être accompagnées d’éléments factuels basés sur des éléments juridiques irréfutables qu’on peut démontrer sans aucun doute raisonnable dans des tribunaux haïtiens et/ou étrangers. De cette façon, les coupables seront enterrés pour toujours et la paix reviendra en Haïti.

Des critères impartiaux doivent être fixés, des preuves doivent-être soumises aux tribunaux pour éviter une perception de règlements de comptes et guerres d’influences de puissants politiciens étrangers qui veulent créer des conditions politiques favorables au vol des richesses du sous-sol d’Haïti, or, cuivre, pétrole, iridium etc. Ça fait partie de la perception populaire en Haïti que Bob Rae, Ambassadeur du Canada en Haïti a traité de “ridicule”.

https://lenouvelliste.com/article/237736/bob-rae-ridicule-de-penser-que-la-communaute-internationale-veut-le-chaos-pour-envoyer-des-casques-bleus-en-haiti/amp

Ça fait vingt-cinq ans que nous menons un combat pour la démocratie, contre la corruption. Pour empêcher le changement et la modernisation d’Haïti, des oligarques criminels et leurs valets politiques haïtiens utilisent la violence politique, les zones de non-droit qui se sont dégénérées en violence généralisée, en chaos. Les oligarques des groupes de bourdon, black-out, les anarcho-populistes et les assassins du Président Jovenel ont tenté de nous assassiner plusieurs fois à cause de cette quête pour la démocratie, la justice, la transparence, la fin des monopoles d’exclusion et la libre compétition économique.

Les grands protecteurs internationaux de ces oligarques de Pétion-Ville, maîtres des gangs qui tuent en Haïti sont des élites globalistes et des diplomates corrompus qui profitent de leur corruption. Ils reçoivent chaque mois, 3, 4, 10 millions de dollars américains des oligarques haïtiens. N’est-ce pas de cette façon que, l’argent de l’État perçu pour les appels internationaux à la Teleco était pillé dans le temps, quand WhatsApp n’existait pas encore? C’était juteux! L’État haïtien perdait des centaines de millions de dollars américains que versait Aristide à ces patrons étrangers et aux oligarques d’Haiti. La documentation de cette corruption est riche dans certains journaux étrangers. La journaliste de gauche Lucy Komisar sur son blog et Mary O’Grady du Wall Street Journal ont documenté une partie de cette corruption source principale de l’instabilité en Haïti.

C’est de cette manière que 3.9 milliards de dollars américains de l’État haïtien ont été volés par des oligarques et leurs alliés étrangers en treize ans pour cinq heures d’électricité par jour. La vidéo où le Président Jovenel Moïse expliquait comment un de ces diplomates l’avait averti que s’il continuait à réformer ces secteurs il risquait d’être assassiné est disponible sur YouTube. C’est cette corruption qui permet de piller le peuple dans l’achat et la vente des produits pétroliers. A partir de ce secteur, ils ramassent 450 millions de dollars américains par an. Allez vérifier qui contrôle 52% du marché pétrolier en Haïti vous comprendrez. Le Président Jovenel Moïse a été assassiné parce qu’il a mis fin à cette corruption. Elle a été rétablie par Ariel Henry après l’assassinat du Président. Depuis bientôt dix-sept mois l’État et le peuple haïtiens sont pillés systématiquement sous l’œil complice d’une partie de la communauté internationale.

Le peuple haïtien est préoccupé par l’habituelle possibilité que que l’application partisane des sanctions soit influencée par les oligarques de Petion Ville qui ont accès aux diplomates étrangers affectés à Port-au-Prince et leurs alliés, des élites globalistes corrompues des grandes capitales. Ils savent comment manipuler les sanctions à partir des connexions sociales, des vices et mœurs en vue de protéger leurs intérêts économiques. Les oligarques haïtiens sont maîtres de la violence en Haïti, ils ont l’art de compromettre des membres du corps diplomatique.

Le refus de nommer un tribunal pénal international pour enquêter sur l’assassinat du Président Moïse, malgré deux requêtes officielles du gouvernement haïtien datées de 19 Juillet et du 3 Août 2021 adressées au Secrétaire Général des Nations Unies, le support de la Communauté Internationale au Premier Ministre Ariel Henry, malgré son implication dans ce crime crapuleux contre un chef d’Etat élu démocratiquement, le fait de traiter avec des politiciens corrompus sous prétexte d’“accords” démontrent comment des mains puissantes et corrompues manipulent la politique bilatérale et multilatérale envers Haïti.

C’est dans ce contexte que les sanctions prévues par la résolution 2653 doivent-être appliquées. Quand on suit le dossier d’Haïti au niveau interne et externe, on voit déjà les manipulations, les règlements de comptes et la défense des intérêts dans le choix des gagnants et des perdants. La guerre d’influences fait rage. Au bureau du Premier Ministre Trudeau, certains Canadiens-Haïtiens qui y travaillent sont des partisans politiques du parti Lavalas. L’une est l’ancienne porte-parole de Jean Bertrand Aristide. Les deux autres et leurs allégeances sont très connues. Il y a aussi des membres puissants du secteur minier canadien qui ont deux objectifs dans l‘application des sanctions prévues par la résolution 2653 :
1- Régler leurs comptes avec ceux qui avaient annulés les contrats miniers de 2013 empreints de corruptions qui ont été annulés par une résolution du sénat .

https://www.haitilibre.com/article-7929-haiti-economie-le-senat-vote-la-suspension-des-permis-miniers-en-haiti.html


2- Garantir l’arrivée au pouvoir en Haïti de politiciens corrompus prêts à leur concéder pour rien, toutes les richesses du sous-sol haïtien. Cela semble être l’objectif politique recherché par ce secteur minier.

On a vu aussi la capacité du secteur pétrolier qui, à travers une campagne de relations publiques mensongère, avait assassiné le caractère du Président Moïse dans les grandes capitales durant sa présidence, parce qu’il avait mis fin à la corruption du secteur énergétique qui pillait l’état et le peuple dans l’électricité, l’achat et la vente des produits pétroliers.

Rappelons que le Canada avait exploité plus de quatre milliards de dollars de bauxite à Miragoane et qu’Haïti n’avait presque rien reçu en retour. Pis, la compagnie minière canadienne avait laissé une catastrophe environnementale dans la région des Nippes. Pour obtenir ce qu’il veulent, certains éléments du secteur minier canadien instrumentalisent les sanctions comme moyen de pression pour obtenir la docilité des hommes et des femmes politiques d’Haïti. Cette approche va créer plus de crises, car les haïtiens sont têtus, ils n’ont pas peur des blancs, ni des blancs canadiens.

Haïti Sanctions Internationales: Évitons les règlements de comptes et guerre d’influences, pour qu’elles réussissent

Les séquelles de l’importation du choléra qui a fait 10,800 familles victimes par des soldats des Nations Unies, laisse un goût amer chez l’haitien qui attend encore justice et réparations. Notons que le Secrétaire général Ban Ki-moon avait reconnu la responsabilité des soldats des Nations Unies dans la propagation de l’épidémie de choléra en Haïti. Douze après aucune réparation n’a été payée comme promis aux familles des victimes. Pourtant quand la Lybie avait causé des torts à des familles blanches 1.9 milliards de dollars américains avaient été payés. Est-ce que la vie des noirs à la même valeur que celui des blancs? N’est-ce pas cette réalité qui a poussé le Président Joe Biden à lancer ce vaste programme de lutte contre le racisme systémique aux États Unis et dans les institutions internationales? Quand le Premier Ministre Justin Trudeau annonce huit millions de dollars canadiens pour lutter contre le choléra qui sera remis aux ONG de son pays sans parler des réparations pour les 10,800 familles haïtiennes victimes du choléra des Nations Unies, on se demande qui le conseille?

Ce plaidoyer vise à avoir un régime de sanctions juste et impartial qui sert les intérêts du peuple haïtien. Ces sanctions pour réussir doivent avoir une base juridique et factuelle et les personnes accusées doivent-être habilitées à exercer leur droit de défense. Sinon, cette initiative de la communauté internationale risque comme d’habitude d’aggraver la situation fragile d’Haïti. Ce plaidoyer c’est aussi pour une nouvelle approche des acteurs internationaux dont les interventions militaires et leur stratégie d’apport au développement ont causé de sérieux dommages à Haïti.

Ambassadeur Stanley Lucas était le Conseiller Special du Président Jovenel Moïse

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